Le mois de juillet aura porté un coup très rude à deux très belles figures emblématiques de la lutte pour des causes justes. Ainsi, à la fin de ce mois, la mort a fauché coup sur coup deux personnages dont l'histoire retiendra le grand rôle qu'ils ont joué, sur des terrains différents, pour faire triompher la vérité et la justice pour l'un, la paix et l'abrogation des armes atomiques pour l'autre.
J'ai désigné de la sorte Maxime Steinberg et Pierre Piérart.
Chacun s'accorde à reconnaître que Maxime Steinberg était un des tout grands spécialistes de la Shoah. Dans sa jeunesse, il s'était intéressé à Henri De Man et au Mouvement ouvrier de Belgique. Après la guerre et les souffrances qu'il dût endurer pendant cette période, il s'est attaché, avec toute la rigueur de l'historien « pur » qu'il entendait être, à faire jaillir des archives, des silences et de l'oubli la vérité sur les années barbares.
Avec une détermination inébranlable, il a consacré tout le reste de sa vie à une mission : porter un regard objectif sur les seuls faits, un regard détaché de l'émotion afin d'éviter que les passions ne viennent les transfigurer.
Dans cette quête sans relâche des acteurs de la déportation et de l'extermination des Juifs de Belgique, il a côtoyé Serge Klarsfeld qui devint un de ses plus fidèles amis. Celui-ci était très admiratif du souci qui poussait Maxime Steinberg à faire remonter à la surface tout ce qui avait trait à l'histoire de la Résistance juive de Belgique d'une part et aux agissements et atrocités commises par l'occupant nazi dans notre pays d'autre pays. Serge Klarsfeld disait d'ailleurs de lui qu'il était «la colonne vertébrale de toute la recherche sur la Déportation des Juifs de Belgique».
Pierre Piérart était moins connu que Maxime Steinberg mais n'en mérite pas moins de considération et d'estime pour les combats qu'il a menés dans la lutte contre la dissémination des armes atomiques et la recherche de la Paix. Il fut très marqué tant par l'utilisation de la bombe atomique à Hiroshima qu'à Nagasaki que par les bombardements de l'Otan sur la Yougoslavie.
Il fut ainsi l'un des membres fondateurs du « Comité Surveillance Otan » dont il était toujours le Président au moment de son décès. C'est Pierre Piérart également qui créa, grâce à son conviction et à son opiniâtreté, le «Parc Hibakusha» où, depuis 1989, est organisé chaque année une séance commémorative des victimes des deux bombes nucléaires larguées par des avionsaméricains sur Hiroshima le 6 août 1945 et sur Nagasaki trois jours plus tard. La commémoration de cette année, qui aura lieu le 7 août, sera l'occasion de lui rendre à son tour un juste hommage pour tous les combats qu'il a menés.
Je suis enfant d'enfants nés ou conçus pendant la dernière guerre. Je n'ai donc qu'une connaissance rapportée des moments tragiques qu'ont connus tous les pays durant cette folie guerrière qui dura de 1939 à 1945 - et bien longtemps après encore pour tous ceux qui avaient été faits prisonniers et qui ne furent relâchés que plusieurs années après les divers armistices signés.




