Sophie Brouhon (SP.A) : « Renforçons Bruxelles ! » (Olivier Mouton - Le Soir)

Posté par: so dans Dans la presse

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C’est une période unique, exceptionnelle. » En vacances dans les Ardennes, Sophie Brouhon ne rate pas un moment des négociations en cours. Cette députée bruxelloise, francophone, a été élue sur une liste SP.A. Un choix qu’elle revendique.

Que vous inspirent les négociations actuelles ?

Ce qui me frappe, c’est que l’on en a une vision très pessimiste et très noire. Alors que l’on parle de thèmes très importants, qu’il est remarquable d’en parler. Des positions s’affrontent, c’est sûr, mais il est possible de trouver des compromis. Ma vision est moins sombre… Je regrette aussi ces raccourcis : « les Flamands », « les francophones » alors qu’il y a des spécificités internes.

Mais il y a cette opposition très vive entre la thèse flamande en faveur des Communautés et celle, francophone, en faveur des Régions…

J’ai rejoint un parti, le SP.A, très régionaliste et très attaché à Bruxelles. Et il y a déjà à l’heure actuelle une dimension « communautaire » ou de congestion à Bruxelles – pour l’enseignement, la culture ou l’argent de Beliris géré par le fédéral. Cela ne remet pas en cause Bruxelles. Bien sûr, on parle ici à une autre échelle…

Avec le risque d’introduire des sous-nationalités au cœur même de la Région. Dangereux, non?

Ce n’est certainement pas une thèse que nous défendons au SP.A. Si l’on transfère les allocations familiales, par exemple, cela doit bien entendu revenir aux Régions. Et à Bruxelles, un enfant sera toujours un enfant.

En réalité, notre thèse régionaliste est plus forte que celle de certains partis flamands ou francophones. Quand nous plaidons en faveur d’une zone de police, d’un CPAS, de transferts de compétences communales à la Région, c’est bien pour que Bruxelles soit plus forte… Pas l’inverse…

Mais votre parti négocie aux côtés de la N-VA et du CD&V…

Nous avons toujours plaidé pour que le transfert de certaines compétences – emploi, allocations familiales… – se fasse aux Régions. Notre position est très claire. De même, nous voulons le maintien d’une sécurité sociale forte.

Critiquez-vous la position des partis francophones ?
Notre position, c’est que Bruxelles doit être refinancée, mais aussi qu’on doit oser remettre en question la façon dont elle est gérée. Des transferts de compétences doivent être réalisés du fédéral, mais aussi des communes. J’ai parfois l’impression que les partis francophones manquent d’un projet concret à cet égard. Les partis flamands avancent des choses très claires, c’est ce qu’ils ont annoncé qui se retrouve sur la table. Les francophones pas du tout. C’est une des raisons qui m’ont amenée à poser un pas communautaire que je ne regrette pas du tout. Je me retrouve toujours parfaitement dans la position du SP.A. Bon, je n’ai pas encore eu de conflit d’intérêts à voter, mais je suis sûre que nous pourrions gérer cela dans le dialogue.
Bruxelles n’est pas à vendre ?
Bien sûr que non, Bruxelles n’est pas à vendre ni à acheter. Cette Région doit avancer, elle doit grandir. Et pour cela, on doit oser parler de tout, même des lois linguistiques, de l’administration, du parlement régional…
Le discours actuel de la N-VA est-il trop nationaliste à vos yeux ?
Oui, c’est évident. Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est que d’autres partis lui emboîtent le pas sans réfléchir.
Vous pensez au CD&V ?
En l’occurrence, oui. Mais l’Open VLD aussi lorsqu’il a provoqué la crise.

 

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