En temps normal, je n'ai pas toujours le temps de lire comme je le souhaiterais les livres et les journaux que j'achète et de profiter du plaisir et du bénéfice intellectuel que la lecture est en mesure de procurer. En période électorale, le temps est encore plus compté et la lecture des journaux se limite le plus souvent aux pages des nouvelles politiques.
Toutefois, ce samedi en me levant, j'ai pris cinq minutes pour avaler un article que la journaliste du Soir, Fabienne Bradfer, avait consacré la semaine passée, c'est-à-dire précisément la veille de la proclamation des résultats, au Festival de Cannes.
Sous le titre, "La vie n'est pas marrante, le cinéma nous le dit", cette excellente journaliste faisait la synthèse des films qui avaient été en compétition et nous confiait ses impressions et ses pronostics en matière de prix. Outre le fait qu'elle avait misé juste au niveau de la Palme d'Or en pensant que le jury serait bien inspiré d'attribuer son prix au film "Uncle Boonmee" du cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul (nom qui n'est pas plus facile à lire qu'à retenir), cet article mettait l'accent sur ce qui constitue précisément la difficulté de vivre aujourd'hui.
Extrait. "La compétition cannoise 2010 est politique dans le sens où elle traverse les destins d'hommes ordinaires, met fortement en évidence deux thématiques : la mort (suicide, assassinat, maladie, guerre) et le père (absent, paumé, coupable, mourant). Les deux, souvent, s'entrecroisent pour arriver le plus souvent à une même conclusion : l'importance de la compassion, de l'amour, de la famille (de fait ou d'adoption). C'est la seule façon de faire la paix avec soi et les autres. C'est la seule manière d'envisager l'avenir avec sérénité".


