Quand deux études du CRIOC font apparaître bien des fractures sociales...

Posté par: so dans Sur le terrain

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En ce début d'année 2012, que je vous souhaite faite de nombreux moments de bonheur, mon attention a été attirée par quelques chiffres qui sont assez éclairants sur la manière dont les Belges se comportent ou comptent se comporter. Deux études du Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs (CRIOC) nous révèlent que, de fait, le comportement des Belges a tendance, lui aussi, à se régionaliser de plus en plus dans la mesure même où il n'est, somme toute, que le fidèle reflet de l'évolution économique au sein des trois Régions du pays. Explications.

Si l'on en croit la première étude réalisée en novembre dernier auprès de 842 personnes issues de tout le pays, six Belges sur dix n'ont pris aucune mesure à la suite de ladite crise et n'envisagent pas plus de le faire. Seuls 14 % des citoyens interrogés affirment avoir pris des initiatives et 4% disent s'apprêter à faire de même. Parmi ceux qui sont passés à l'action, ce sont les quadragénaires qui se sont montrés les plus entreprenants.

Que faut-il entendre par actions entreprises ? La plupart de ceux qui disent avoir agi, et qui sont de toute évidence des personnes qui ont des avoirs, ont cherché soit à s'informer soit à se faire conseiller. Seule une infime minorité (5%) a changé de banque. De même, 5% disent avoir réparti leur patrimoine mobilier entre plusieurs institutions financières, 4% avoir vendu des actions et 2% avoir vidé leur compte épargne. 

Comme on le voit, les réactions face à la crise démontrent qu'il y a bien une fracture au sein de la population.  Entre ceux qui n'ont pas du tout ou très peu de biens et qui n'ont d'autre choix que de subir la crise d'une part et ceux qui ont quelques ou beaucoup de biens et qui ont pris certaines initiatives ou qui attendent encore pour y voir plus clair d'autre part.

L'autre étude a trait aux comportements des consommateurs en matière d'achat lors de la période des soldes. Ici aussi, la base des personnes sondées n'est malheureusement pas fort large puisque ce sont 646 personnes seulement qui ont été interrogées en face à face, en janvier 2011. La marge d'erreur est donc de 3,9%. Cela étant, les chiffres sont indicatifs d'une assez grosse évolution dans le comportement des gens à cette période de l'année 2011 par rapport à celui des années précédentes. Que retenir de tous ces chiffres ?

Près d'un consommateur sur deux (48%) a fait des achats en solde lors de l'hiver 2011. Un nombre supérieur à celui des dernières années puisqu'ils sont 10% de plus qu'en 2008, année de la crise financière. Quel est le profil type de l'acheteur ? Une femme ou un homme ayant entre 18 et 29 ans ou dans la quarantaine et faisant partie d'un ménage de 5 personnes. Les personnes seules font moins souvent les soldes d'hiver. Ce qui est surtout frappant, c'est d 'apprendre qu'un consommateur sur trois fait appel à un crédit à la consommation pour pouvoir payer ses achats en solde. Il s'agit là du niveau d'endettement le plus haut depuis cinq ans, beaucoup plus élevé qu'en 2010 quand le taux était de 12 % alors.

Beaucoup plus éclairant encore est le fait que cet appel à un crédit à la consommation est très variable selon les différentes régions du pays. Ce sont les habitants des villes flamandes qui font le plus souvent aux organismes de crédit. Ils sont en effet 44% à agir de la sorte alors qu'ils ne sont que 18 % en Wallonie et 3% seulement à Bruxelles. Comme on le voit, la fracture est grande à l'intérieur du pays entre ceux qui osent et peuvent se permettre de s'endetter pour consommer et ceux qui le voudraient peut-être mais ne le peuvent.

Si je ne peux que me réjouir de voir que le Bruxellois ne s'en remet pas à l'endettement pour pouvoir consommer à tout prix, je ne manque pas de trouver dans ces mêmes chiffres des motifs de réelle inquiétude. En effet, cette contraction du financement privé de la consommation des Bruxellois est très clairement de nature à signifier que Bruxelles est, elle aussi, entrée en récession au niveau de sa dynamique commerciale. Et, surtout, que le niveau de vie des Bruxellois tend pour le moins à stagner tout comme le tissu social de la région bruxelloise ne cesse de s'effilocher.

Le constat n'est pas très réjouissant. Mais il est là. Et il est à espérer qu'en 2012, le gouvernement régional en tiendra compte dans ses choix budgétaires bien autrement, c'est-à- dire de manière beaucoup plus hiérarchisée et plus ciblée, qu'il ne l'a fait au cours de ces deux dernières années....

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