Primes à la rénovation ... de la ville ?
Posté par: so
dans Sur le terrain
le Jun 18, 2010
Le mardi 16 juin, la ministre compétente (E. Huyttebroeck) a été interrogée sur le dossier du couple homosexuel qui a été chassé du centre de Bruxelles à coups de harcèlement et qui doit rembourser la prime de rénovation pour son habitation.
Le gouvernement n’a pas l’intention d’adapter la réglementation, malgré le soutien public du secrétaire d’état chargé de l’égalité des chances.
Nous avions appris par la presse l’histoire poignante de Peter et Joris (noms fictifs). Ce couple homosexuel a été harcelé pendant des années avant de décider de vendre son habitation dans le quartier Anneessens et de partir vivre ailleurs, dans le calme. Pour couronner le tout, la Région bruxelloise exigeait le remboursement de la prime de rénovation de 12.000 euros. En sa qualité de ministre flamand chargé de l’égalité des chances, Pascal Smet (sp.a) a écrit une lettre au ministre président du gouvernement bruxellois pour lui demander de reconnaître le harcèlement de plusieurs années comme force majeure.
Le mardi 16 juin, la ministre compétente a toutefois fait noter que cette affaire ne constituait pas un motif pour modifier la réglementation. Elle craint que la reconnaissance du harcèlement comme cause de vente engendrera un afflux de dossiers et elle adopte une attitude très réticente. L’incident fait également penser au jugement prononcé dans l’affaire de la Jaguar à Charleroi. Le tribunal avait estimé qu’un traumatisme psychologique en suite de trois attaques (dont le car jacking de la Jaguar) ne suffisait pas pour annuler le remboursement d’une prime à la rénovation. Bien fait, a estimé la juge.
Indépendamment de la question financière, cette affaire souligne un problème de plus en plus présent dans cette ville, à savoir l’intolérance de la jeune génération de nouveaux Bruxellois envers ceux qui sont différents et la difficulté d’y mettre le holà.
sp.a Brussel est particulièrement déçu par l’attitude du gouvernement. Ce n’est pas seulement un mauvais signal à l’adresse de la communauté holebi, mais à l’adresse de tous les (futurs) Bruxellois. Il ne s’agit pas de la prime de rénovation en elle-même mais de l’acceptation de fait que des jeunes couples se fassent chasser à coups de harcèlement. Quelle sera la prochaine étape de l'intolérance ? Cela ne témoigne pas de la bonne pratique d’une politique urbaine dynamique qui veut inciter à venir s’installer dans la ville.
Quelles mesures le gouvernement prendra-t-il pour endiguer ce comportement de harcèlement? Comment allons-nous éviter à l’avenir que des couples homosexuels doivent quitter leur maison au bout de quelques années ? Ou des couples mixtes harcelés par leur communauté ?
Si le gouvernement ne fait rien, je déposerai une proposition d’ordonnance que je soumettrai à la majorité en vue d’offrir par exemple une possibilité d’appel dans pareils cas...
