Lutte contre le Sida : résultats encourageants au plan mondial, décevants au plan national
Posté par: so
dans Sur le terrain
le Dec 1, 2011
Ce 1er décembre est journée mondiale de lutte contre le sida. Dans un rapport conjoint, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'Unicef et Onusida notent que de très grands progrès ont été réalisés au cours de ces dix dernières années en ce qui concerne l'endiguement du VIH. "L'incidence mondiale de l'infection au VIH s'est stabilisée" et a commencé à diminuer dans de nombreux pays ayant des épidémies généralisées, se félicitent-ils.
Au chapitre des progrès réalisés : "L'accès à la prévention du VIH – fondée sur des données factuelles –, au conseil et au dépistage, ainsi qu'aux services de traitement et de soins dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, s'est développé de manière spectaculaire", notent-elles. Et l'année 2011 s'annonce déjà prometteuse, marquée par un "nouvel élan politique" et des "avancées scientifiques importantes".
Dans un premier rapport, Onusida a fait état d'un nombre record de 34 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde en 2010, principalement en raison d'un meilleur accès au traitement, qui a contribué à réduire le nombre de décès. Le nombre de personnes sous traitement antirétroviral continue d'augmenter. Elles étaient 6,65 millions fin 2010, relève le rapport conjoint de l'OMS, de l'Unicef et d'Onusida. Ainsi, près de 50 % des séropositifs ont aujourd'hui accès à un traitement, ce qui a sauvé la vie à 700 000 personnes pour la seule année 2010. De 2009 à 2010, le nombre de morts du VIH a baissé de 5 %, pour s'établir à 1,8 million de personnes en 2010.
Autre progrès, en 2010, le nombre de nouvelles infections a atteint son niveau le plus bas depuis 1997, avec 2,7 millions de nouvelles infections (dont 390 000 chez des enfants), soit un recul de 21 % par rapport au pic de 1997.
Nourrissant l'espoir d'une possible fin de la pandémie, l'OMS, l'Unicef et Onusida fixent ainsi à l'horizon 2015 l'objectif "zéro nouvelle infection par le VIH, zéro discrimination et zéro décès lié au sida". Un optimisme partagé par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui estime qu'à "l'aube de la quatrième décennie du sida, nous sommes maintenant en position d'en finir avec l'épidémie".
Tout irait-il donc pour le mieux partout dans le monde ? Si l'on se fie à d'autres sources d'information, il y a lieu de ne pas trop vite céder à l'euphorie .. : en se réfèrant aux chiffres communiqués par l'asbl Prévention-Sida qui oeuvre depuis de très nombreuses années, et très heureusement d'ailleurs, au niveau de l'espace Wallonie-Bruxelles, on constate qu'il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser chez nous.
Avec 1.196 nouveaux cas diagnostiqués en Belgique en 2010, le nombre de contaminations par le VIH a, une nouvelle fois, battu un triste record en atteignant le niveau le plus élevé depuis le début de l’épidémie. Quant au nombre de diagnostics de IST (infections sexuellement transmissibles), il se maintient à un niveau élevé. Des chiffres qui confirment l’évolution des dernières années : on se protège de moins en moins lors des rapports sexuels.
Sur l’ensemble des nouveaux cas de contamination par le VIH diagnostiqués en Belgique en 2010, on constate une confirmation de la proportion élevée d’homo/bisexuels masculins. Elle est égale à 45,6% (contre 23,6% en 2002), ce qui est disproportionné si l’on considère la taille de ce groupe population par rapport à l’ensemble de la population de la Belgique.
Ceci dit, avec 49,5%, la contamination par rapport hétérosexuels reste en première position. Nous sommes donc tous concernés : même si le VIH et les IST sont plus répandus dans certains groupes que dans d’autres, ils sont néanmoins présents dans l’ensemble des groupes de la population.
Tous ces chiffres sont là pour nous indiquer que la politique menée au cours de ces dernières années en Belgique en matière de lutte contre le sida et les maladies sexuellement transmissibles n'est pas suffisamment performante. Et ce dans la mesure même où les tendances qui se dégagent de ces statistiques ne s'inscrivent pas dans celles que nous pouvons trouver dans le rapport conjoint des trois grandes institutions internationales précitées. Ce sera faute à pas assez de moyens pour les uns, à pas assez d'efficacité des mesures prises avec les moyens prodigués pour les autres.
