L'immobilier de plus en plus cher à Bruxelles, un problème qui ne cesse de grossir
Posté par: so
dans Coups de gueule
le Jan 11, 2012
Le mois de janvier est celui de tous les voeux et de toutes les bonnes dispositions. Il est aussi celui de tous les bilans et des analyses de ce qui s'est passé durant la dernière année écoulée. L'année 2012 n'échappe évidemment pas à la règle.
Pour mon premier billet de l'année, je vais vous entretenir aujourd'hui d'immobilier et de crédits hypothécaires. Dans la page "économie" du Soir de ce mercredi 11 janvier, il est permis d'apprendre que, selon les dernières données de l'administration fédérale de l'économie, le coût de l'immobilier aurait continué à progresser en 2011. Ainsi, les prix se sont fortement appréciés en Belgique au cours du troisième trimestre 2011. La hausse moyenne des maisons comme des appartements avoisine les 3 % alors qu'une comparaison annuelle (troisième trimestre 2011 par rapport à la même période de 2010) débouche sur des augmentations de l'ordre de 4,1% pour les maisons et de 4,6 % pour les appartements.
Les moyennes diffèrent évidemment d'une Région à l'autre du pays. A Bruxelles, la hausse est de 5,1% pour une maison ordinaire alors qu'elle est de 7% pour un appartement. Ce sont la des hausses plus importantes que dans les deux autres Régions du pays puisque les augmentations annuelles ne s'élèvent en Wallonie qu'à 3,4 % pour les maisons et à 5,1% pour les appartements tandis que les progressions se chiffrent 4,4% pour les maisons et à 3,3% pour les appartements en Région flamande.
Ce sont là des chiffres qui seront de nature à réjouir le Ministre des finances de la Région bruxelloise puisque, comme vous ne l'ignorez sans doute pas si vous me le lisez régulièrement :-))), bonne partie des recettes régionales provient des droits d'enregistrement liés aux ventes de l'immobilier. Encore faut-il pour que l'on puisse réellement parler de progression des recettes fiscales qu'il y ait eu en 2011 par rapport à l'année précédente un nombre semblable ou plus élevé de transactions de vente-achat de biens immobiliers.
Or, comme seule source disponible d'informations à cet égard, on ne dispose que d'un indicateur que je qualifierai d'indirect puisqu'il s'agit du nombre de crédits hypothécaires qui ont été octroyés et enregistrés en Belgique durant l'année. Ainsi, selon les chiffres publiés par l'Union professionnelle du Crédit (UPC), le nombre de demandes de crédit hypothécaire a baissé en un an de 4,7% et, ce qui est plus significatif encore, l'UPC note qu'il y a eu en 2011, toujours par rapport à 2010, un recul d'environ 9 % en termes de montants de crédit hypothécaire.
Que retenir de ces informations croisées? L'immobilier n'a jamais été aussi cher qu'en 2011 tandis qu'il y a eu beaucoup moins de personnes qui ont pu avoir accès aux crédits hypothécaires classiques durant la même période. C'est dire combien l'on s'éloigne beaucoup de ce double objectif régional qui consistait :
Quand la résultante du croisement de ces diverses informations indique très clairement que l'immobilier à Bruxelles tend à devenir de plus en plus affaire réservée à ceux qui ont de gros moyens financiers et que la raréfaction du parc immobilier par rapport aux besoins de plus en plus grandissants de location va contribuer à renforcer cette tendance lourde à la cherté de la location des biens, on se rend compte qu'il y a urgence pour le gouvernement bruxellois à prendre des mesures lourdes s'il entend éviter que la Région ne devienne d'ici peu un véritable enfer où il coûtera trop cher pour se loger.
Face à ce problème sans grandissant, à quand une ligne claire de la part du gouvernement? La Région a, à cet égard, grand besoin d'une stratégie régionale qui soit "globale, concertée, transparente et durable". Et ce rapidement car on va bientôt arriver à la moitié de la législature et, de fait, on n'a encore rien eu de consistant à se mettre sous la dent.....
