Le collège d'Ixelles enterre la mixité sociale dans le quartier européen

Posté par: so dans Coups de gueule

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En 2004, le Bourgmestre d’Ixelles déclarait souhaiter la création de logements abordables au milieu des bureaux, hôtels et logements de luxe du quartier européen. A cette fin, de nombreux chancres avaient même été expropriés.

Ce jeudi, le Conseil communal a approuvé la vente au privé des derniers terrains constructibles du quartier Léopold, sans conditions ni garantie que du logement social ou moyen y verra le jour. La commune peut-elle justifier d'une telle décision ? La Région peut-elle adapter la décision de la commune afin de mettre ce projet de construction à profit pour s’inscrire dans une réelle politique de mixité sociale ?

La commune a vendu ce jeudi 18 mars 2010 les terrains qu’elle a expropriés au coin des rues Godecharle et d'Idalie pour un montant de 3.063.270,86 EUR à la société qui avait déjà géré la construction de la dalle, des infrastructures du Parlement et des logements de standing de la rue Godecharle, sans veiller à la modération et au contrôle des loyers futurs. Au nom de ce que ce quartier avait subi, au détriment de l'habitat et d'ateliers d'artistes, les rares terrains encore libres et constructibles étaient promis à du logement accessible à une population de condition modeste. Ces constructions devaient ainsi apporter un minimum de mixité sociale au milieu de cet ensemble d'hôtels, d'espaces de bureaux et de logements de luxe. Il n'en sera rien, et ce ne sont certainement pas les 13% de logements de 3 chambres octroyés par le permis d’urbanisme qui viendront troubler les conditions élitistes d’acquisition. Que du contraire.

En effet, le développement de ces terrains est aujourd’hui du seul ressort du privé qui a déjà obtenu le permis d’urbanisme malgré la réclamation et les observations émises en séance de la Commission de Concertation. Les critiques au permis rappelaient les conventions conclues dans le cadre de l’urbanisation de quartier européen et le fait que la poursuite de l’urbanisation du quartier de cette manière ne permet pas de maintenir sa cohésion sociale. 

De toute évidence, le Collège de l’actuelle majorité a enterré le combat des habitants et de l’association Quartier Léopold pour qu’un minimum de logements de type social soit érigé grâce aux moyens financiers que la Commune touche par la transformation radicale du quartier. Se soucie-t-il vraiment de cette notion de juste compensation à un quartier martyrisé ainsi que de celle de mixité sociale ? 

Cette décision prive également la Région d'un espace qu’elle aurait pu mettre à profit pour élargir l’offre de logement à prix conventionnés. Est-il déjà trop tard pour redresser ce qui apparaît manifestement comme une malencontreuse (et mauvaise) opération immobilière de la part de la Commune d'Ixelles et qui laisse les mains libres à la sa Promotion Léopold pour se livrer, comme elle l’a fait par le passé, à une construction qui, déjà aujourd’hui, ne correspond pas avec ce qui est recherché, ou du moins proclamé, par la Région en matière de politique du logement ?

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