« Un budget imprudent » (Le Soir - Voogt Fabrice)
Posté par: so
dans Dans la presse
le Dec 17, 2011
Le budget bruxellois a été voté majorité (PS-CDH-Ecolo-Groen-VLD-CD&V) contre opposition hier, au parlement. La députée Sophie Brouhon (SP.A) avait proposé un amendement à l’ordonnance budgétaire, pour instaurer un contrôle budgétaire régulier et ainsi mieux s’adapter à la conjoncture – le budget présente un déficit de 254 millions d’euros. Sans succès. Le ministre-président Picqué (PS) lui a rétorqué qu’un monitoring mensuel existait et qu’il serait procédé à un ajustement durant le premier semestre et non plus seulement au mois d’octobre. Ce n’est pas le seul grief de la députée SP.A.
Le gouvernement joue à la roulette russe
« 80 % des recettes sont sensibles à la conjoncture, explique Sophie Brouhon, comme les droits d’enregistrement, de succession. Le gouvernement table sur une croissance de 1,6 %, taux trop élevé par rapport aux dernières estimations. Orthodoxie et austérité sont de mise. A l’exception de l’Angleterre, les 26 autres pays de l’Union viennent de consacrer le renforcement des disciplines budgétaires. Nous ne sommes pas en mesure d’assurer notre financement – nos moyens spécifiques ont été réduits de 42 % en 2011. Quand je lis le budget initial de 2012, j’ai le sentiment que ce gouvernement a déménagé au “Pays des merveilles”. » Selon Sophie Brouhon, la sagesse recommanderait de geler une partie du montant de certaines recettes aléatoires pour constituer un « tampon » : « C’est une question de prudence budgétaire. »
Le budget ne s’engage pas dans la lutte contre les inégalités
Selon Sophie Brouhon, le gouvernement bruxellois a surtout cherché à répartir équitablement ses moyens entre ses ministres, sans qu’ils puissent avoir un impact sur la lutte contre la pauvreté et la croissance des inégalités sociales : « Alors que les crédits globaux augmentent de 10 %, le budget consacré à l’emploi n’augmente que de 6,5 %. Et là, on continue à engager des ACS (NDLR : agents contractuels subventionnés) au lieu de miser sur l’accompagnement des gens au travail, pour lutter contre le chômage de longue durée. »
En matière de logement, le gouvernement serait spectateur : « Le prix des loyers a augmenté comme jamais ces deux dernières années. On pourrait mettre un plafond et taxer les logements inoccupés. Ne parlons même pas du plan logement de la législature précédente que le gouvernement actuel peine à réaliser. » Enfin, rayon mobilité, Sophie Brouhon relève que « la Région a reçu 45 millions du Fédéral pour la Stib, mais celle-ci ne peut pas les utiliser ».
Sombres perspectives
A l’arrivée, explique-t-elle, le Bruxellois paiera la facture. « Ne pas s’attaquer franchement aux inégalités risque d’accroître le taux de pauvreté, annonce-t-elle. D’accord, on a un refinancement de 134 millions, mais il est essentiellement affecté aux charges du passé et non aux politiques de fond. Que fera-t-on d’ici quelques années quand Bruxelles n’en bénéficiera plus et devra assumer de nouvelles politiques et les nouvelles dépenses comme la charge des pensions qui lui auront été transférées ? »
