Francophones, pourquoi voter sp.a à Bruxelles

Posté par: so dans Sur le terrain

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Les chiffres sont effrayants : près de deux Flamands sur cinq se disent prêts à voter pour des partis extrémistes. En effet, si l'on en croit les derniers sondages, 25% de Flamands auraient  l'intention d'accorder leur suffrage à la N-VA tandis que quelques 15 autres % de Flamands se préparent à apporter leur soutien à la liste du Vlaams Belang. Si ce cauchemard devient réalité, le jaune et le noir pourraient bien être, plus que jamais, les couleurs les plus en vue en Flandre au soir des élections de ce 13  juin 2010.

La messe n’est pas encore dite pour autant ! Nombre de progressistes francophones détiennent encore des cartes dans leur main pour contenir ou battre cette poussée de la NVA qui est celle qui fait le plus peur aujourd'hui pour l'avenir immédiat du pays et de Bruxelles.

De tous temps, le réflexe “naturel” pour la plupart d’entre nous a été de se réfugier dans un vote “communautaire”: on a tous voté pour quelqu’un qui nous ressemble parce qu’on a l’intime conviction qu’il pourra mieux nous comprendre. Aujourd’hui ce n’est plus la garantie qu’il pourra le mieux nous défendre: la Belgique et les francophones ne seront pas seulement ni mieux défendus par les partis francophones.

Aujourd’hui, la façon la plus efficace de contrarier à Bruxelles les visées du parti dirigé par Bart Dewever est tout simplement de voter pour une liste flamande progressiste qui, comme celle du sp.a, prône une formule institutionnelle que je qualifierais bien volontiers de co-régionale : un aménagement des compétences qui ne remet en question ni l’Etat fédéral, ni la solidarité sociale. Il nous faut des Régions disposant de moyens et d'outils nouveaux pour se déployer et qui investissent dans les gens d’une part, un Etat fédéral plus performant qui puisse continuer à protéger les gens d’autre part.

Comme il est permis de le constater au cours de ces derniers jours, les partis francophones donnent l'impression de n'être ni à la hauteur, ni préparés aux prochaines négociations: les  présidents des quatre grandes formations politiques francophones se plaisent certes à dire pour la forme qu'ils vont aller unis à la négociation et qu'ils vont y parler d'une seule et même voix alors que leurs revendications sont différentes et imprécises. Sans davantage oser avouer, avant les élections, qu'ils lâcheront la périphérie pour obtenir, en contre-partie de la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, de quoi mieux financer  (certaines des politiques de) la Région de Bruxelles-Capitale.

Voter francophone n'a pas non plus, ces dernières années, servi à  faire bouger les choses tant sont figées les composantes de l'univers politique francophone de notre  pays. Autrement dit, ceux qui veulent faire bouger les choses peuvent voter ce qu'ils veulent du côté francophone, ils ne changeront guère les rapports de force.
En revanche, tout le monde voit  bien qu'en Flandre les choses bougent, fort et vite, avec un socle dur qui passe du brun au noir ou du noir au brun selon les qualités de leurs leaders. Selon également les agissements des mandataires du parti d’Olivier Maingain qui s'y entendent comme pas un pour souffler  sur les braises du feu communautaire chaque fois que celui-ci tend à  s'éteindre. Variations de couleurs qui dépendent également de la publicité  faite aux thèses de ces partis qui en Flandre, comme un autre du côté francophone, ne cessent d'attiser les querelles communautaires.

 

Voter francophone n'a pas non plus, ces dernières années, servi à  faire bouger les choses tant sont figées les composantes de l'univers politique francophone de notre pays. Autrement dit, ceux qui veulent faire bouger les choses peuvent voter ce qu'ils veulent du côté francophone, ils ne changeront guère les rapports de force.

En revanche, tout le monde voit  bien qu'en Flandre les choses bougent, fort et vite, avec un socle dur qui passe du brun au noir ou du noir au brun selon les "qualités" de leurs leaders. Selon également les agissements des mandataires du parti d’Olivier Maingain qui s'y entendent comme pas un pour souffler sur les braises du feu communautaire chaque fois que celui-ci tend à  s'éteindre. Variations de couleurs qui dépendent également de la publicité faite bien généreusement aux déclarations de ces partis qui en Flandre, comme un autre du côté francophone, ne cessent d'attiser les querelles communautaires.

Chacun qui  se donne la peine de réfléchir l'aura compris : il est aujourd'hui beaucoup plus important de voter pour un parti flamand qu'il ne l'est de le faire pour l'un ou l'autre des partis francophones.

Les Bruxellois ont la chance unique en Belgique de pouvoir intervenir directement dans l’équilibre politique de la communauté de leur choix. Ils peuvent ainsi dire à une certaine Flandre « Non ce n'est pas cette Belgique-là que nous voulons ». Tout comme ils se sont alliés avec les démocrates néerlandophones pour écarter le Vlaams Blok à Bruxelles, les francophones bruxellois peuvent, cette fois encore, s'inviter dans la course des partis flamands pour renforcer le poids des partis non séparatistes.

En osant traverser la frontière linguistique électorale pour voter pour le sp.a, chaque Bruxellois peut améliorer l’équilibre politique flamand et contribuer ainsi à la santé de la Belgique, de Bruxelles et aussi des francophones.

Pour ce qui me concerne, j'ai déjà franchi le pas en montrant qu'il était parfaitement possible pour une francophone de défendre, avec mes collègues socialistes néerlandophones du sp.a, des positions bien plus tranchées et hiérarchisées que celles que l'on peut trouver  dans n'importe quel programme des autres partis francophones représentés au sein du Parlement bruxellois.

En tant que bruxelloise francophone, je m’engage pour un parti néerlandophone qui viendra s’asseoir à la table de négociation à côté des partis francophones, et non pas face à eux, pour construire le destin immédiat et futur du pays. Et faire directement la nique à ceux-là mêmes qui, il n'y a pas longtemps encore, ont dit avec force que « la Région bruxelloise doit disparaître»…

N'est-ce pas là la meilleure preuve qu'il est réellement possible, pour vous aussi, de vous manifester utilement pour la meilleure cause qui soit à l'occasion de ces élections : celle qui consiste à défendre au mieux la solidarité sociale en même temps que les intérêts de la Région bruxelloise et de notre pays ?

A vous de jouer ou, plutôt, à vous de bien voter.

Commentaires (3)add
sophie
Toujours en recul ou toujours en avance ?
Par sophie , July 12, 2010
Le Cevipol, centre d'analyse de la vie politique de l'ULB, publiait peu après les élections que, "contrairement à ce qu'on a dit le soir des élections, le pourcentage de votes pour des partis néerlandophones a augmenté de près d'un pourcent en un an". Je ne m'appuierai pas sur ces chiffres pour vous répondre, m'inspirant de votre formulation, que "c'est une nouvelle preuve de l'avancée de cette langue à Bruxelles" : je ne pense pas que ce soit en établissant de semblables décomptes que l'on fasse avancer la cause du bien-vivre ensemble, tant dans le pays que dans notre Ville-Région.

Au contraire, je suis d'avis que les partis séparatistes, tant ceux du Nord du pays que celui qui nourrit le MR de ses succès du côté francophone, n'ont que trop bénéficié de ces petits décomptes et de cette publicité beaucoup trop largement faite aux provocations commises par les uns comme par l'autre pour attiser le conflit communautaire qui empoisonne la vie politique belge et la détourne des vrais problèmes qui assaillent la population.

Du statut de ville bilingue, Bruxelles est même devenue multilingue : le français reste bien la lingua franca usuelle mais il n'est plus parlé comme langue de référence que par moins de 50% de la population. 5 à 10% des familles parlent le néerlandais comme langue de référence tandis que 28% des habitants ont une autre langue que ces 2 dernières comme langue maternelle. Plurilingue, Bruxelles est aussi mutliculturelle et cette diversité s'écarte chaque jour un peu plus de l'appartenance "naturelle" à une culture unilingue transmise de génération en génération.

Francophone, je suis fière d'appartenir et de défendre les idées du parti socialiste néerlandophone. Un parti qui s'ouvre à toutes les communautés et qui, comme c'est le cas à Bruxelles, permet à quatre jeunes parlementaires issus des deux principales communautés du pays, mais avant tout bruxellois, de faire assaut de leur vigilance et de leurs propositions pour donner à notre Ville-Région un tonus à la hauteur des enjeux de ce début de siècle.

Abus
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Toujours en recul
Par bernard , June 16, 2010
Après les derniers résultats des élections fédérales, les votes flamands pour un parti flamand diminuent encore une fois, preuve du recul de cette langue à Bruxelles. Pourquoi cet acharnement à conserver Bruxelles comme capitale de la Flandre. Je suis très gênés de vivre dans une capitale d'une région flamande qui totalise 48,5 % des électeurs pour trois partis fascistes ou séparatistes
Abus
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Tout à fait d'accord!
Par Stéphane , June 12, 2010
Je suis francophone à 100% (né Belge... en France) et j'ai fait exactement la même analyse: l'enjeu de ces élections se joue plus chez les néerlandophones que "dans le sud du pays". Le meilleur moyen de peser, c'est donc de voter pour un parti flamand quand on peut le faire (quand on est Bruxellois, par exemple). Je voterai donc pour vous.
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