A quand une Région bruxelloise plus multicommunautaire et plus autonome?

Posté par: so dans Bruxelles ma belle

Taggé dans: politique

Cela grenouille du côté wallon ou, plutôt, cela phosphore. Certains Wallons semblent avoir toujours en tête le caractère concret des concessions que les partis francophones ont dû faire, tant au plan institutionnel qu'au plan de la révision de la loi de financement, pour que le pays ne sombre pas dans le plus grand des chaos. 

Une des principales conséquences du compromis trouvé est que, dans dix ans, il n'y aura plus de mécanisme de solidarité nationale dans le financement des Régions. De ce fait, celles-ci devront faire en sorte que, par une activation de leur politique économique qui serait la garantie d'une plus grande mise à l'emploi que ce n'est le cas pour le moment, leurs futures recettes fiscales suffisent pour leur assurer un train de vie comparable à celui qu'elles ont aujourd'hui. 

A l'aune de ce rendez-vous qui brille déjà à l'horizon 2022 et qui devrait constituer le point de référence absolu pour toutes celles et tous ceux qui ont aujourd'hui ou auront à piloter après 2014 les trois régions du pays, certains semblent être plus pressés que d'autres à orienter la trajectoire de leur paquebot dans la bonne direction.

En Wallonie, c'est Jean-Claude Marcourt (PS) qui a décidé de prendre la tête  du mouvement soucieux d'assurer un "redressement accéléré du sud du pays". Dans cette optique, il prône non seulement la mise en place d'un "think tank" de grande envergure mais également (ou surtout ?) la mise à mal de cette idée selon laquelle il serait possible de construire par dessus les Régions wallonne et bruxelloise, un birégionalisme qui soit fort et durable...

On le sait, cette dernière idée a pris forme, il y a très peu de temps encore par la transformation, peu constitutionnelle au demeurant, des institutions et de l'appellation de la Communauté française en une nouvelle formule : celle de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Un nouvel intitulé et une nouvelle imagerie qui voulaient montrer qu'il y avait concrètement une volonté de rapprochement entre les Autorités qui dirigeaient les deux entités. Une plus grande communauté d'intérêts à venir pour les populations concernées.

La tension monte au sein du parti dominant dans les deux Régions depuis que Jean-Claude Marcourt ne fait plus mystère de son projet d'assurer autant que possible l'autonomie financière de la Région wallonne. C'est bien normal d'ailleurs. Ce genre de positionnement n'est pourtant pas chose nouvelle dans ce grand parti dont l'histoire est truffée de batailles homériques entre régionalistes purs et durs et partisans d'une vision plus communautaire des relations entre ressortissants des deux Régions concernées par ces débats.

Et, à Bruxelles, nous préparons-nous à ces discussions décisives ? Matériellement parlant, le gouvernement actuel ne donne visiblement pas l'impression d'être grandement préoccupé de se préparer à l'échéance 2022. Or lorsque le système de solidarité nationale de l'actuelle loi de financement ne jouera plus en faveur de la Région bruxelloise, celle-ci ne bénéficiera plus des 300 millions qui lui sont plus que nécessaires aujourd'hui pour faire face - et même illusion - avec un déficit qui est précisément de l'ordre de 250 à 300 millions (soit entre 8 et 9,5 % du montant de ses dépenses).

Gouverner, c'est prévoir a dit un jour Pierre Mendès France. Puissent nos Autorités et nos penseurs politiques bruxellois s'inspirer au plus vite de cette règle de conduite. Oui, il y a vraiment urgence à creuser les sillons du futur tant celui-ci se fait chaque jour plus proche....

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