Partie de presse

Posté par: so dans Dans la presse

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La presse de ce mercredi est intéressante à bien des égards. Je n'ai pas encore eu l'occasion de plonger dans la presse néerlandophone mais, avant de ce faire, je ne résiste pas à l'envie de vous confier une ou deux impressions que je retire de cette première tranche de lecture.

Au plan de l'analyse des résultats, c'est le court entretien que le patron du Crisp, Vincent de Coorebyter, a eu avec le journaliste de La Libre Belgique, Francis Van de Woestyne, qui a retenu en premier mon attention. Qu'y apprend-t-on que l'on ne savait pas déjà ?

De fait, une chose : la surprise du journal de constater que ce sont « finalement les 3è et 4è partis qui vont choisir leur allié ». Cette surprise n'est pas faite pour m'étonner car, comme j'ai eu l'occasion de le souligner dans le billet qui a suivi la déclaration faite au début de la semaine dernière par Elio Di Rupo selon laquelle le PS ne gouvernerait pas avec le MR, il était clair que le PS avait, ce jour-là, laissé filer de son jeu un de ses principaux atouts. En effet, en se défaussant d'une carte plus qu'importante qu'il avait encore dans sa main, le Président du PS avait ouvert, dès ce moment, un boulevard de liberté de négociation aux empereurs et impératrices d'Ecolo et du CdH qu'ils n'ont pas manqué de saisir dès les résultats connus pour mieux se « concerter ».

Dans quels buts ? Celui de sceller leur sort et de faire de cette « union momentanée » un bloc incontournable dans le cadre des négociations à venir que les deux partis arrivés en tête en Communauté française, le PS en Wallonie et le MR à Bruxelles, auraient dû lancer dès mardi comme l'a fait le CD&V au niveau de la Flandre. C'est de bonne guerre et tant mieux pour ces deux partis qui n'en demandaient pas autant mais cette belle anomalie appelle néanmoins deux remarques.

La première est qu'elle n'aurait sans doute jamais eu lieu si le PS, et son Président en particulier, n'avait pas perdu son sang-froid la semaine passée en se croyant obligé de jouer, tout seul, la carte de celui qui voulait gouverner demain. La seconde est qu'il faut bien se rendre à l'évidence qu'Ecolo n'est plus autre chose qu'un parti qui, même s'il essaye encore de se donner les allures de celui qui fait de la politique autrement , « se vendra au mieux offrant » pour reprendre le titre d'un autre article de La Libre de ce jour.

Je ne m'en étonne que peu tant il était devenu remarquable, c'est-à-dire visible, au cours de ces derniers temps qu'Ecolo savait pratiquement mieux que quiconque manier le double langage selon les lieux où il était en campagne. Cela signifiera-t-il pour autant qu'il tournera le dos au PS et qu'avec le CdH il ira se jeter dans les bras du MR pour constituer, à Bruxelles comme en Wallonie, une tripartite dite Jamaïcaine. Personnellement, je ne le pense pas tant, si cela devait se produire, il y aurait tout lieu de prévoir qu'il ne garderait pas longtemps alors le bénéfice des nombreuses voix que les progressistes déçus du PS lui ont apportées le 7 juin dernier.

Dans le journal Le Soir, c'est dans les pages du Forum que j'ai trouvé cette fois le plus de contenu : l'article d'Eric Corijn occupe - fort bien - quasi toute la place. Je dis volontiers cela parce que, de fait, je retrouve dans l'article rédigé par ce philosophe de la culture et sociologue urbain quasi tous les mêmes sujets et quasi la même tonalité que ce qu'il m'a été donné l'occasion de vous dire dans mes brèves de campagne en ce qui concerne les défis que Bruxelles se doit de relever de manière urgente. J'apprécie beaucoup dans ce papier la force avec laquelle ce professeur à la VUB exprime la nécessité qu'il y a de « travailler ensemble », que ce soit dans le cadre d'un partenariat public-public ou dans celui d'une association avec les forces vives de la Région.

« Profitons-en pour lancer de nouvelles pratiques de démocratie participative. L'enjeu est de produire un nouveau lien politique avec la population, c'est cela la question de la gouvernance » (voir la brève « Démocratie en mouvement ».). Par contre, je ne partage pas la conclusion d' Eric Corijn quand il se croit obligé, de manière surprenante de la part d'un esprit aussi bien éclairé, d'appeler les partis politiques à constituer « un gouvernement pour la capitale de l'Europe et laisser les deux autres Régions interpréter leurs résultats ».

Bruxelles, île isolée au milieu de l'océan belge ? Il y a là manifestement erreur de stratégie politique quant aux relations à avoir avec les forces politiques qui comptent dans ce pays et qui, seules, seront en mesure d'accorder à notre Ville Région cette réelle dimension et ces moyens dont elle a tant besoin pour la voir mener enfin la politique de ses libres choix.

 

 

 

Bon, maintenant, je vais bosser et lirai la suite des journaux ce soir 

 

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