Lettre ouverte à Monsieur Freddy Thielemans, Bourgmestre de la Ville de Bruxelles et à Monsieur Philippe Vincke, Recteur de l'Université Libre de Bruxelles (CRER)
Posté par: so
dans Coups de gueule
le May 30, 2009
Aujourd'hui, je me fais très volontiers le relais d'une démarche effectuée par des "bénévoles citoyens" qui ont adressé à Freddy Thielemans, Bourgmestre de la Ville de Bruxelles, et à Philippe Vincke, Recteur de l'Université Libre de Bruxelles, une lettre ouverte.
Cette lettre ouverte, je la soutiens d'autant plus qu'il m'est donné l'occasion, chaque jour qui passe, de réaliser que la situation dénoncée par ces signataires bénévoles n'est que pure vérité. Elle est l'exacte traduction de l'impasse administrative dans laquelle se trouvent les 120 "sans-papiers" qui, après avoir fait la grève de la faim, se trouvent toujours hébergés à l'ULB et qui, de ce fait, ne peuvent prétendre au bénéfice d'une inscription dans les registres de la population de la Ville de Bruxelles parce que cette dernière ne reconnaît pas l'ULB comme un lieu de domicile régulier...C'est l'impasse pour l'heure et, surtout, une situation plus que douloureuse pour ces sans-papiers qui ont le très net sentiment de se trouver rejetés un peu plus encore par les Autorités belges...
A cet égard, j'ai entrepris, à titre personnel, une démarche auprès de Marie Arena pour lui expliquer cette situation qui pourrait prêter à rire s'il s'agissait d'une pièce de théâtre mais qui est franchement détestable tant elle est éprouvante et mal ressentie par les personnes toujours entassées dans le hall des sports de l'ULB. Connaissant et appréciant les qualités professionnelles et humaines de cette grande ministre que le PS n'a pas toujours soutenue comme il aurait fallu dans le cadre du décret sur la mixité dans l'enseignement, je ne doute pas que le message de la lettre ouverte sera entendu de bonne manière par les personnes à qui il est destiné.
Je vous laisse prendre connaissance de la très digne missive envoyée à Freddy Thielmans et à Philippe Vincke par ce collectif de "citoyens bénévoles auprès des sans-papiers de l'ULB".
------------------------------------------------------------------------------------------------
Nous, citoyens bénévoles auprès des sans-papiers de l'ULB, tenons à attirer votre attention sur la situation d'impasse dans laquelle se retrouvent les sans-papiers qui occupent les locaux de l'université depuis mi-novembre 2008.
Suite à une grève de la faim qui a duré 58 jours, l'Office des Etrangers a décidé d'octroyer aux sans-papiers une carte orange valable 3 mois. La réglementation conditionne toutefois l'obtention de cette carte à l'inscription d'un domicile auprès d'une autorité communale, et le hall des sports de l'ULB, leur lieu d'accueil provisoire, n'est pas accepté comme une domiciliation possible.
Parmi les 286 anciens grévistes de la faim, 120 restent toujours dans les locaux de l'ULB parce qu'après 6 mois d'occupation, ils ont perdu leur ancien domicile et, sans ressources financières, sont dans l'impossibilité de retrouver un logement.
Souvenez-vous, en novembre 2008, ils ont abandonné leur travail clandestin pour unir leurs forces et revendiquer le droit à un séjour régulier dans notre pays. Cette démarche courageuse et difficile les conduit à nouveau dans une impasse administrative sans issue.
La clé pour sortir de ce tunnel est donc dans un premier temps la question du domicile.
Le problème du logement dans les communes de Bruxelles est bien réel, mais il y a également une autre réalité, celle de l'existence de nombreux bâtiments vides, abandonnés pendant des mois, voire des années.
Ces deux réalités ne pourraient-elles pas être conjuguées pour aboutir à une solution humaine?
Pourquoi ne pas les aborder de manière pragmatique et essayer de résoudre de cette manière le problème de domiciliation provisoire des sans-papiers. Ceci leur permettra d'accéder à la carte orange de 3 mois, et dès lors de chercher un travail régulier. Il est temps que ces hommes, ces femmes, ces enfants entrevoient l'accomplissement de leur combat pour retrouver leur dignité et sortir enfin de la clandestinité.
Comment la Belgique peut-elle être à la hauteur de sa réputation de « pays démocratique» si les pouvoirs politiques, les instances publiques continuent de nier le droit des personnes classées sans-papiers et d'emprisonner indéfiniment des êtres humains dans une cellule réglementaire sans issue?
Par cette lettre ouverte, nous, citoyens bénévoles auprès des sans-papiers de l'ULB, demandons que toutes les pistes soient examinées pour leur procurer une domiciliation provisoire qui leur permettra d'accéder à la carte orange que leur concède l'office des Etrangers, et par là, les aidera à sortir de cette longue et pénible impasse.
Dans l'attente d'une réponse favorable à notre appel, nous vous prions de croire, Monsieur Freddy Thielemans et Monsieur Philippe Vincke, en l'assurance de notre respectueuse considération.
Signé citoyens bénévoles auprès des sans-papiers de l'ULB.
