Le PS n'est plus maître de l'échiquier politique francophone
Posté par: so
dans Dans la presse
le May 31, 2009
Dimanche prochain, on vote et, le soir même, grâce au vote électronique, on connaîtra les résultats pour Bruxelles.
Plus que 7 fois dormir pour, après avoir rempli notre devoir citoyen, vous donner rendez-vous à la place Flagey, non plus seulement pour poursuivre nos rencontres, ce que j'aime beaucoup faire, mais aussi pour assister à la deuxième manche du championnat de Belgique de Beachvolley qui effectue son grand retour sur la plus grande place de la Région après huit ans de désertion pour cause de travaux. Cela, c'est pour demain...
Dans moins d'une semaine maintenant, nous saurons comment l'électorat bruxellois se sera prononcé et nous saurons alors plus précisément comment les alliances se feront, ou du moins pourraient se faire, pour composer la majorité qui dirigera la Région pendant les cinq années à venir.
Mais que savons-nous déjà aujourd'hui à la veille des votes ?
Deux choses importantes à mon sens.
La première est que, en faisant savoir publiquement qu'il ne s'allierait pas avec le MR, ni en Wallonie, ni à Bruxelles, le PS s'est mis dans une position où il s'est privé d'un atout qui lui aurait permis, selon qu'il aurait plus ou moins perdu que ce que les sondages lui prédisent comme défaite, d'avoir plus d'espace de négociations.
Pourquoi? Tout simplement parce que, en écartant une carte importante au niveau des combinaisons d'alliances, le PS veut, avant les élections, donner l'impression qu'il peut encore se conduire, ainsi qu'il en avait pris la grosse habitude, comme le parti maître de l'échiquier politique francophone alors que, de fait, il n'a rien fait d'autre que de lier son sort en matière de future participation gouvernementale au seul bon-vouloir d'Ecolo et du CdH.
Le geste est beau et mérite d'être applaudi d'autant qu'il va en direction d'une formule qui ne peut que recueillir toute l'adhésion des esprits progressistes. Il n'en reste pas moins que ce geste ne peut masquer l'état d'affaiblissement dans lequel se trouve déjà le PS avant même que ne soient connus les résultats du 7 juin. Et ce dans la mesure même où, en prenant cette option, il est d'ores et déjà dépendant des choix que feront Ecolo et le CdH de vouloir faire cause commune avec lui et, par conséquent, ménage gouvernemental à trois... Voilà à tout coup un fameux bouleversement en vue dans le paysage politique francophone...
Le deuxième enseignement politique majeur que les derniers sondages permettent de dégager, ou plutôt d'extrapoler, est que les changements qui pourraient s'opérer au niveau de la composition de la majorité néerlandophone sortante seraient de moindre ampleur que ceux qui sont à prévoir au sein de la majorité francophone sortante.
La tripartite VLD, Sp.a et CD&V pourrait être reconduite au niveau du gouvernement régional bruxellois. La majorité dont elle disposerait serait certes courte ( 9 sièges sur 17) mais serait néanmoins suffisante pour se retrouver en position de conduire à nouveau les affaires à la Région.
Dans quel ordre les trois partis démocratiques néerlandophones se retrouveraient-ils autour de la table du Gouvernement bruxellois ?
Aujourd'hui, pour autant que l'on puisse se fier aux chiffres avancés par les différents instituts de sondage, le Sp.a talonne le VLD dans les sondages. Ainsi, à condition qu'il poursuive son ascension dans les intentions de vote au cours de cette prochaine semaine, il pourrait donc être en position de briguer la première position au niveau du classement des partis néerlandophones démocratiques.
Nous n'en sommes évidemment pas là encore. Toutefois, le seul fait que l'objectif pourrait être atteint à force de mobilisation et d'efforts accrus au cours des sept prochains jours est de nature à décupler l'énergie qui me reste encore tant je trouve qu'il serait fantastique que le Sp.a puisse, toute proportion gardée bien entendu, reprendre au sein de la communauté bruxelloise néerlandophone le rôle que le PS sera, plus que vraisemblablement, amené, par la volonté de l'électorat, à abandonner au niveau de la communauté française en général et au sein de la communauté bruxelloise francophone en particulier.
Oui, je disais au début du billet qu'il ne restait plus que sept fois dormir. Je m'aperçois que j'aurais dû dire qu'il ne restait plus que six jours avant de pouvoir dormir...

Je n'ai, à vrai dire, pas grand chose à y ajouter.
Je ne me réjouis pas de voir que le PS va fort probablement tomber de son piédestal de premier parti de la Communauté française mais je pense que cela pourrait lui permettre de "rebondir" rapidement : pour redevenir crédible au plus vite, il doit d'abord faire place nette.
Depuis trop longtemps, ce sont les mêmes qui sont aux commandes des fédérations qui constituent le Parti. Le Parti est prisonnier de ces barons qui n'ont qu'on seul projet : reproduire leur pouvoir, élections après élections.
Il n'est plus assez question de réel projet novateur pour la Wallonie comme
pour Bruxelles. Et il n'y en aura pas tant que le PS suivra comme un mouton dans le conflit communautaire plutôt que de comprendre le régionalisme dans l'intérêt du citoyen.
Quant à Ecolo, nous verrons après les élections ce qu'il aura dans le ventre.
Se laissera-t-il tenter par les sirènes du MR ou bien fera-t-il alliance avec le PS et le CdH pour constituer, tant en Wallonie que pour la partie francophone du futur gouvernement de Bruxelles, une majorité de type progressiste?
Plus que quelques jours avant de savoir.
J'espère de tout coeur que le choix d'Ecolo ira dans le sens d'une majorité de type Olivier mais rien ne permet de penser qu'il en ira bien ainsi car, vous l'aurez certainement constaté, Ecolo se tait aujourd'hui dans toutes les langues sur ce qu'il compte réellement faire après les élections...
Je me rappelle d'un temps où le slogan d'Ecolo était " Faire de la politique autrement".
Ce slogan, c'est aujourd'hui le Sp.a qui le met en pratique. En faisant des propositions réellement novatrices dans beaucoup de domaines et, surtout, au niveau des institutions qui chapeautent toutes les matières qui concernent notre mode de vie dans la Ville, le Sp.a a osé ouvrir de grands débats. Avant d'ouvrir de grands chantiers? La question est posée. C'est le 8 juin prochain que l'on saura si son propos a été bien rçu de l'électorat.
A nous, à vous, de faire en sorte que ce soit bien le cas.