Deux dynamiques socialistes bien différentes...
Posté par: so
dans Coups de gueule
le May 29, 2009
Pour moi, une des vocations de la gauche, c'est d'être la porte-parole de ceux qui travaillent, qui ont travaillé ou qui sont en attente d'avoir un emploi, qu'ils soient toujours aux études ou parce qu'ils n'ont pas trouvé la clé donnant accès à un contrat de travail. Dans cette perspective, la gauche doit agir en premier pour améliorer leur condition.
Aujourd'hui, la plus grande partie des salariés est faite d'employés et d'ouvriers qui ont des contrats stables, à durée indéterminée dans le meilleur des cas. Cependant, un salarié sur 2, et je parle ici de ceux qui travaillent à temps plein pendant toute l'année, gagne moins de 1.600 euros par mois et seulement 1 salarié sur 4 dépasse les 2.000 euros nets mensuels. Le salariat dit « intermédiaire », c'est-à-dire fait de personnes qui travaillent avec des contrats intérimaires, ne cesse quant à lui de s'étendre.
On imagine sans mal l'impact de la crise de la société et de l'économie sur ces forces de travail, que l'on appelle aujourd'hui les "classes moyennes", qui doivent faire face à cette lame de fond qui a déjà jeté dans la précarité et envoyé vers les bureaux de chômage ou les CPAS bon nombre de nos concitoyens (il y a 90.000 chômeurs rien qu'à Bruxelles !!!). Comme on comprend ce sentiment d'insécurité professionnelle, de peur du déclassement, de l'appauvrissement, bref de l'insécurité pour faire court, qui les habite.
Le mouvement socialiste doit faire et leur faire entendre, plus que jamais, que la souffrance sociale n'est pas une fatalité. Il s'agit là du combat qui a fait et qui continuera à faire toute la gloire du mouvement socialiste.
Mais réduire le rôle de la gauche à être seulement le porte-voix et le bouclier de celles et de ceux qui souffrent serait toutefois insuffisant. En effet, pour moi, la gauche se doit, au nom même des valeurs de justice, solidarité, égalité et bonheur, de proposer une perspective et un projet d'ensemble qui s'adresse à tous les membres du corps social.
Dans cette optique, il faut oser dépasser le stade du simple enregistrement des demandes sectorielles, éviter le repli sur un discours attisant la peur de l'autre ou la stigmatisation d'une communauté, braver les conservatismes et les calculs attachés à de sordides intérêts électoralistes.
Avec son projet trilingue « Een visie, une ambition, one future », le Sp.a a effectué cette démarche et a ouvert un fabuleux chantier de réflexions et d'espoirs en faveur de toute la communauté bruxelloise. En cela, il s'est montré à la hauteur de ce que les esprits progressistes sont en droit d'attendre d'un parti socialiste qui se veut responsable.
Pendant ce temps, en cette matière plus qu'essentielle que sont le devenir et le tracé de nos limites territoriales et de nos institutions, le PS est resté en rade, se contentant de se mettre dans la position de la force politique tranquille (même si elle a été singulièrement secouée ces derniers mois) qui cherche à faire croire qu'elle a tellement bien géré et négocié les dossiers pour compte de la Région depuis vingt ans qu'elle pourra « légitimement exiger du respect pour sa population » lors de la négociation à venir dès après les élections régionales. Voire fédérales on ne sait jamais...
Un programme visionnaire prêtant à débats et soucieux d'ouvrir les portes de l'espoir pour les nouvelles générations du côté du Sp.a ; un parti tourné sur le passé et n'ayant pas avec son slogan « Bruxelles a besoin du PS » un discours qui n'est vraiment pas différent de celui des autres formations traditionnelles francophones du côté du PS : telles sont les dynamiques socialistes en présence à Bruxelles.
Dans l'isoloir, l'électeur progressiste n'aura pas trop de mal, je pense, à trouver la liste la plus conforme à ses aspirations et à son idéal de gauche.
