A quand les élections européennes enfin prises au sérieux ?

Posté par: so dans Sur le terrain

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Où se trouve le siège du parlement européen ? Combien de députés y siègent-ils ? Citez quatre Belges, deux francophones et deux néerlandophones? Qu'y fait-on ? Autant de petites questions apparemment simples mais combien d'entre nous connaissent en réalité la réponse ?

Le 7 juin prochain, on vote en Belgique... pour les Régionales et pour les Européennes. Or, si vous regardez bien, vous constaterez que, dans les rues de la Capitale de l'Europe, la campagne européenne est quasi inexistante. Et pour cause : l'Europe est considérée à la fois comme lointaine et incompréhensible.

Pour la toute grosse majorité des personnes que je rencontre et avec qui je parle des élections européennes, l'union européenne est celle pour qui il n'est pas nécessaire de voter car, de toutes façons, elle ne sert à rien ou si peu. Les images pleuvent: l'Europe, une machine à libéraliser le marché (nous avons affaire là au public qui suit l'actualité politique !); le Parlement : une institution taillée sur mesure pour les barons de la politique nationale, ex-ministres et chefs de parti à la retraite; le tout: un immense aspirateur du fric citoyen sans aucune considération pour l'humain....

Et pourtant, pour en revenir au Parlement européen car c'est bien de son renouvellement et des 785 députés dont il s'agit le 7 juin prochain, la vie est rythmée par le travail des commissions et de sessions plénières au sein desquels on oriente, on argumente, on s'affronte et où l'on vote de la manière la plus démocratique.

On y décide de la politique agricole commune (la PAC) qui conditionne toute la vie des agriculteurs européens, de la hauteur des investissements à effectuer dans les Régions considérées comme défavorisées au plan économique, de la politique à mener en matière de recherche et d'aide aux technologies du futur. On y débat également de la couleur de vos tomates et de leur taille, de la traçabilité des vaches et des moutons, de la qualité de l'eau et des plages, des poubelles et du sucre, de la distribution de l'énergie... Ce que vous mangez, vous buvez est déterminé selon des critères décidés et préparés dans les enceintes du Parlement et/ou de la Commission.

De tout cela, c'est un fait, les 500 millions d'habitants des 27 pays membres n'en ont pas grandement conscience. Or, comme on peut s'en rendre compte, c'est pourtant là que, chaque jour, se trouve engagé notre avenir économique et politique. Et, ce, dans la mesure même où, le plus souvent, ces décisions sont directement applicables.

Si les unes ne prêtent pas grandement à conséquences, d'autres peuvent avoir des effets sociaux d'une très grande ampleur. Ainsi,  la libéralisation de la poste, celle du gaz et de l'électricité, les pesticides, sont autant de retombées des décisions prises à Bruxelles par nos chefs d'Etats ou de gouvernements lors des Sommets qui se déroulent quasi tous à Bruxelles ou par nos parlementaires quand ils se réunissent à Strasbourg lors des sessions ordinaires ou à Bruxelles lors des sessions extraordinaires.

Pourtant, malgré l'enjeu évident que constituent les élections européennes, le public européen a tendance à les bouder. Ainsi, lors des dernières élections européennes de 2004, sur les 350 millions de citoyens européens qui étaient invités à voter, à peine 45% s'étaient rendus aux urnes. Une vraie désaffection quand on sait que le taux approchait encore les 63 % en 1979 lors des premières élections au suffrage universel direct.

On peut se demander pourquoi les Européens ne s'intéressent pas davantage à cette extraordinaire avancée démocratique que constitue l'Europe .. L'Europe communique-t-elle mal? Les médias remplissent-ils bien leur rôle en matière d'informations rapportées à l'opinion publique sur ce qui se passe à Strasbourg et à Bruxelles? Les partis politiques ne sont-ils pas également responsables de ce désintérêt du public dans la mesure où ils ont tendance à considérer que les questions européennes relèvent du seul ressort de quelques initiés ou de parlementaires en quête d'un fauteuil de sortie confortable ?

Il est un fait que, pour toute une série de raisons plus ou moins essentielles, les citoyens européens se trouvent aujourd'hui dans la situation, sans doute voulue par d'aucuns, où ils ne peuvent pas appréhender plus correctement les véritables enjeux qui vont découler des élections du 7 juin prochain pas plus qu'ils ne peuvent mesurer l'influence des groupes politiques européens sur leur assiette et leur quotidien.

C'est pourquoi, la politique européenne étant appelée à devenir de plus en plus déterminante pour l'avenir de chacun des habitants de l'Union européenne, je trouverais heureux, sinon indispensable, que le prochain Parlement européen se penche sur cette question vitale qu'est celle du rapprochement des citoyens européens et des travaux menés par le Parlement européen. Aux problèmes posés, il n'y a que des solutions pour reprendre une expression chère à Pascal Smet.

Je ne vais certainement pas ouvrir ici le recueil des propositions qui pourraient être faites dans cette perspective. C'est pourquoi, en guise de signature finale de ce billet, je dirais seulement que, pour ce qui concerne les élections européennes, je commencerais par rendre le vote obligatoire dans tous les pays d'Europe comme il l'est dans notre pays d'une part et par ne pas autoriser les pays membres à organiser dans le même temps élections européennes avec d'autres élections à caractère national ou régional d'autre part.

Parce que l'Europe et le devenir des générations futures qui y habiteront valent assurément bien quelques mesures d'intérêt hautement public...

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